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Episode 3 : Fritz

Le lieutenant-maréchal Dada, Woof et Biker entrâment dans la salle du radioporteur. Un homme leur confia leurs costumes, d'étranges tissus métallisés qui les faisaient ressembler à des paquets de chips grandeur nature.

nos officiers, dans leurs costumes

nos officiers, dans leurs costumes

- Si je me fie à ce que dit ma puce de normalité, il s'agit là d'un drôle d'accoutrement, dit Dada.

- Je dois dire que c'est un peu... humiliant que de revêtir un tel costume, dit Woof.

- Haut les cœurs ! dit Biker. Une fois là-bas, nous serons en immersion totale avec les habitants de la planète. Dois-je vous rappeler que c'est une chance extraordinaire ?

Ils s'avancèrent sur l'interface, puis un ingénieur appuya sur un bouton. Les officiers furent instantanément décomposés (moléculairement parlant), puis réassemblés quelques milliers de kilomètres plus bas. Pas un bout ne manquait, sauf peut-être un poil dans l'oreille du lieutenant Biker, mais il ne s'en rendit compte que quelques années plus tard.

- Où sommes nous ? dit Dada.

- Sur une route à la jonction de plusieurs villages. Voyez-vous, cette planète est le lieu de villégiature d'une espèce que l'on nomme les hommes-de-terre. Ils sont en apparence comme vous et moi, mais ont la particularité d'être tendres et nourrissants. Alors abstenez-vous de les croquer, parce que nous aurons besoin de leurs conseils pour mener notre enquête.

- Je ne risque pas de croquer ces êtres dégoûtants, dis Woof. Sur ma planète, les pommes de terre sont un cadeau que l'on fait à ses ennemis pour leur montrer qu'on ne les aime pas.

- Lieutenant Woof ! dit Biker. Je m'attends à un peu plus de tolérance de votre part. Vous êtes quand même un citoyen de la Congrégation, qui réunit toutes les formes de vie les plus diverses et variées ! D'ailleurs, vous êtes vous-même un Extraterrestre, et nous vous avons accepté comme l'un des nôtres depuis de nombreuses années.

- Oui, je comprend. Mais que voulez-vous, c'est ma culture qui veut ça. Je consens à faire un petit effort, dit Woof en grimaçant.

- Si cela peut vous consoler, moi non plus, je n'ai pas beaucoup d'empathie pour les pommes de terre, dit Dada.

Soudain, les trois hommes sursautèrent, car arriva une pomme de terre. Plus précisément, un homme-de-terre, à la peau dorée et aux cheveux bourgeonnants, vêtu de son traditionnel habit aux couleurs vives. C'était le croisement parfait entre un homme et une patate.

- Bonjour messieurs, quel plaisir que de recevoir la visite des hommes-chips ! dit-il, en voyant les tuniques d'aluminium de nos protagonistes.

- Oui, c'est nous, improvisa Biker, nous venons depuis notre village prendre quelques nouvelles. Comme le veut la tradition, nous avons apporté un kilo de sel pour vous et votre famille.

- Merveilleux ! dit-il. Je ne m'attendais pas à une telle rencontre. Surtout dans les conditions actuelles... Je m'appelle Fritz, ravi de vous rencontrer, dit Fritz.

Fritz

Fritz

Nos spationautes entrârent dans la maison de Fritz. Il prépara quelques assiettes d'engrais en guise d'apéritif, mais nos héros prétextèrent d'avoir déjà mangé.

- Alors, Fritz, comment vont les affaires ? dit Biker pour détendre l'atmosphère.

- J'ai pas à me plaindre, dit Fritz. Mon métier de charpentier me permet de rencontrer tout le gratin. D'ailleurs l'autre jour, j'ai aperçu la duchesse de Pompadour... oh purée ! Avec moi, les clients savent qu'ils seront vite lotis. Même si parfois il m'en demandent beaucoup : je ne peux pas être au four et au moulin. Il m'arrive même de sauter un repas : pas le temps de prendre mon café-noisette. En tout cas, je ne me mets personne à dos : finalement, tout se passe bien.

- Pourtant, vous semblez soucieux, dit Dada, qui détectait une ombre dans le visage de Fritz.

- Oui, bien sûr... Mais vous devez être au courant, non ? Regardez dehors !

Ils passèrent leurs têtes par la fenêtre. Effectivement, il s'était passé quelque chose dernièrement, car le paysage était constellé d'énormes bourgeons verts.

de bien gros bourgeons

de bien gros bourgeons

- Le patatoïde a atteint un stade de germination, dit Dada.

- Eh oui, dit Fritz, pensif. Si cela continue notre planète va bientôt devenir verte. Et personne ne pourra nous manger.

Woof, qui avait déjà du mal à soutenir la vue de Fritz, eut un frisson de dégoût. C'est alors que le bicordeur du commandant Biker émit un signal d'appel. C'était le capitaine Ricard qui lui demandait de faire son rapport. Biker prétexta un souci de digestion pour répondre au capitaine depuis les toilettes.

- Capitaine, je ne sais pas ce qui a amené notre vaisseau ici, mais je suis sur d'une chose : nous avons une patate à sauver.